J’ai creusé une tombe lors de mon séjour à Hôtel Expérimenta.

C’était d’abord pour l’expérience de creuser, d’avoir chaud, d’avoir des ampoules et mal aux muscles. C’était aussi pour être avec la terre. Je me suis rendu compte que c’était un piège à bousiers, limaces et grenouilles. Mais c’était surtout un moyen de parler de la mort, un moyen de connexion. Cette histoire de tombe nous rassemblait, le soir, le midi, quand on se croisait, avec les gens de l’Hôtel. J’ai envoyé les coordonnées gps au groupe. J’ai laissé la tombe à disposition, pour celleux qui souhaitaient en faire l’expérience.

On a fait un temple, un endroit où chacun.e pouvait laisser un objet.

J’y ai passé du temps, j’y suis allée tous les jours, pendant une semaine. Cette histoire était un moment intime et collectif. J’ai rassemblé tout le monde le dernier jour pour qu’on referme la tombe ensemble, il y a eu un rayon de soleil et juste après : la grande pluie.

Il y avait aussi Emmanuel et Thomas qui jouait respectivement du violon et du violoncelle.
Et des boudoirs, pour le goût dans la bouche. Il y a eu de la vie autour du trou, autour de la terre et autour de la mort. On a cherché ce que ça voulait dire, on continue de chercher et nous n’arrêterons jamais.






Avec le soutien de l’Hôtel Expérimenta.










Photos et film : Eléonore Berrubé